Shibari
Bondage japonais moderne
Shibari, l’art de Nawashi Shadow.
À la fin de la période d’Edo, quelques images érotiques japonaises apparaissent, où l’usage de la corde est enfin représenté.
Si cet usage érotique a pu exister avant, on ne le connaît en tout cas dans aucun sens historique : seuls des récits ou des légendes y font allusion.
Ito Seiu, considéré comme le père du kinbaku, est le premier à faire des recherches sur l’hojōjutsu dès 1908 et à l’introduire en tant qu’art.
Le kinbaku ne devient réellement populaire dans les revues spécialisées qu’à partir des années 1950, peut-être sous l’influence de John Willie, photographe fétichiste et artiste du bondage.
La tradition du bondage en tant qu’art ne se développe au Japon qu’à partir des années 1960.
Si les usages judiciaires du kinbaku ont disparu, plusieurs de ces techniques sont cependant à la base de l’utilisation moderne du ligotage sous ses formes érotiques. Le bordage sexuel ou de loisir est de loin plus mesuré et beaucoup de précautions sont prises pour éviter des blessures.
Différences entre techniques occidentales et japonaises
Le bondage japonais diffère du bondage occidental par le fait qu’au lieu de simplement immobiliser le sujet ou de pratiquer sur lui certaines contraintes, les techniques de shibari ajoutent à cette notion de base un point de vue esthétique (voire érotique) et une stimulation des centres d’énergie en des points précis du corps (shiatsu).
La personne soumise prend du plaisir par la tension de la corde qui lui écrase les seins ou les parties génitales. L’intensité des sensations procurées au sujet ligoté est fonction de sa position. Le bondage japonais est connu pour faire appel à des positions dissymétriques qui exagèrent l’impact psychologique du bondage et augmentent la douleur.
Les techniques du bondage « traditionnel » japonais utilisent quant à elles des cordages rugueux d’environ 10 à 15 mètres de longueur et constitués de plusieurs brins en fibres naturelles faites de paille de riz, de chanvre, de jute ou encore en toile.
Cependant, les meilleurs résultats sont obtenus avec des cordes courtes de 3 à 4 mètres qui permettent de modifier certaines portions du ligotage sans être obligé de le défaire dans son entier ou d’ajuster la tension d’une corde sans toucher à celle des autres. Les cordes auront un diamètre assez gros de 8 à 12 millimètres afin de ne pas pénétrer trop profondément la peau, tout en la marquant suffisamment pour donner une impression de souffrance. Les nœuds seront, en outre, plus esthétiques et plus faciles à défaire
L’art martial traditionnel (hojōjutsu) des samouraïs ne fait pas de nœud alors que le bondage japonais actuel, s’inspirant du modèle occidental, fait entre deux et cinq sortes de nœuds simples. Le bondage occidental utilise, quant à lui, des nœuds plus complexes. Avec ses racines profondément ancrées au Japon, enseigné dans le monde entier par des Maîtres (sensei) du bondage, le kinbaku a gagné en popularité.
En Occident, le bondage est souvent utilisé dans le cadre du BDSM. Il utilise de longues cordes, d’environ huit mètres de longueur dont le matériau est soit du chanvre soit de la jute dont le diamètre varie généralement entre 4 et 6 mm.
Pratiques
Le kinbaku traditionnel est basé sur des motifs obtenus à l’aide de cordes et dont la plupart trouvent leur origine dans l’hojōjutsu. Parmi les différentes façons de lier, l’ushiro takatekote, le bondage de base, consiste à lier les bras contre la poitrine tout en liant les mains dans le dos. L’ensemble décrit une figure en forme de « U ». C’est la figure la plus importante et la plus fréquemment employée. Une autre façon de faire est l’ebi ou figure de la « crevette », originellement une torture, est actuellement destinée à rendre l’aspect de la personne ainsi liée plus vulnérable et plus soumise au cours des actes BDSM.
Le kinbaku traditionnel se pratique avec des liens de sept mètres de longueur. En raison des différences physiques des participant(e)s dans le BDSM occidental, on utilise plutôt des cordes de huit mètres. Les cordages sont habituellement réalisés en jute ou en chanvre (mais ni en sisal ni en chanvre de manille) spécialement traités pour obtenir une corde à la fois robuste, souple et douce au toucher. D’autres matériaux sont parfois utilisés.
Pour des raisons historiques, le kinbaku utilise rarement les nœuds (parfois pas du tout). S’il y en a, ce sont des nœuds coulants ou des nœuds de blocage qui requièrent tous deux des matériaux à haut pouvoir de friction, donc rugueux. D’après le livre de Nawa Yumio publié en 1964, les nœuds sont considérés comme particulièrement disgracieux. Les ligotages arborant des nœuds n’étaient pas considérés comme du bondage.
Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Bondage japonais de Wikipédia en français (auteurs)